Le weekend du 24-25 mai nous plongeons dans une nouvelle dimension propre au phénomène que l’École Expérimentale a choisi cette saison d’explorer : celui de l’inflammation considérée comme symptôme de notre temps. Maladies inflammatoires auxquelles quasiment tout le monde semble être sujet ; embrasement du corps social généralement nommé « émeutes urbaines » et décrit comme irruption « sauvage » pour mieux oublier et effacer le temps long qui crée les conditions de l’inflammation ; megafeux qui ravagent les forêts ainsi que les formes de vie et de récit qui s’y logeaient depuis des années : du corps propre au corps terrestre en passant par celui social, le feu a bel et bien pris et semble devoir durer. Plutôt que de céder à la sidération qui, face à ces différents maux, nous laisse sans mots, l’École Expérimentale décide de se loger en plein cœur de ce trou d’histoire qui s’accompagne bien souvent des trous de mémoires. Quelles histoires refoulées peut-on faire remonter, quelles histoires manquantes peut-on tenter de composer en se mettant à l’écoute non pas des experts et de leurs prétendues expertises en termes de sortie de crise, mais bien des différentes personnes qui, à leur échelle, dans leur chair, leur quartiers ou leurs territoires, expérimentent ces inflammations ? Ce sont elles et eux qui deviendront, pour les 2 prochaines années, les enseignant.e.s expérimentaux dont nous manquons. Après une première classe prise en charge par Emanuel Cortes, co-initiateur du projet Whose aids? Aids, archives, and arts assemblies in Belgium, qui explorait davantage la dimension somatique de l’inflammation – ce qu’elle fait à nos corps, à nos santés en nous poussant à inventer d’autres formes de soin partagés – pour ce prochain weekend, nous changeons d’échelle. Nous passons du corps propre, au corps terrestre. Nous le savons « la terre brûle » et, contrairement au traitement médiatique qui en est fait en nous parlant des mega feux aux États-Unis ou des incendies en Grèce, cela ne se passe pas que « là- bas » mais touche aussi nos « ici », où que nous soyons. Ici, à Bruxelles, comme en d’autres villes d’Europe, nous nous croyons à distance, protégés et, par conséquent, oublions de protéger ce qui permettrait d’éviter ou de soulager les embrasements : des terrains irrigués, des zones d’eau respectées C’est à la rencontre de ces derniers, des logiques qui les mettent à mal comme des stratégies que nous pouvons déployer pour les réinvestir, se les réapproprier et, par-là même, nous réapproprier la terre que nous voulons habiter, que nous conduira cette nouvelle classe de l’École expérimentale. A la rencontre du travail que des naturalistes, habitant.es, font pour préserver la biodiversité à Bruxelles, entretenir des friches anthropiques/niches écologiques, déféndre des territoires de la spéculation immobilière…  Giulieta Laki (anthropologue/Urban Species) et Amandine Tiberghien (perséverante/Natagora) nous ferons faire ce voyage mené au croisement du réel et du potentiel, de ce que nous subissons et des ressources multiples, plus ou moins concrètes, plus ou moins magiques dont nous disposons pour vivre la proximité des embrasements autrement.

🗓️ PROGRAMME :

Samedi 25.06

Au Mundo B
– Rue d’Edimbourg 26, 1050 Ixelles, Belgique

🚗🚎🚲 : parking vélo, métro Porte de Namur, bus 71 ou 95

10h-12h30 :
La matinée sera consacrée aux présentations des enseignant.e.s et participant.e.s, non pas dans une logique de déclinaison d’identité, mais plutôt dans le souhait de nous situer, ensemble et individuellement, par rapport à ce phénomène de l’embrasement. Qu’en savons-nous, qu’en vivons nous, quelle responsabilité pouvons nous (re)prendre ?

Le long de ce premier échange, nous allons composer une première collection d’artefacts de dés/embrasement

12h30 – 14h00 :
– Repas en commun – apportez votre pique-nique !

14h-17h:
– Visites de terrain de quelques sites bruxellois de luttes pour la défense de biodiversité et couloirs de refroidissement en ville

Dimanche 25.05. 2025

Au Marais Biestebroek
– Quai Fernand Demets 7, 1070 Anderlecht

9h-12h30 
– Rejoindre les habitant.es et naturalistes pour une « Crade party » : mettre les mains dans le cambui/marais afin d’en prendre soin (enlever les déchêts, s’occuper des rosiers etc)

13h-14h :
– Repas en commun – apportez votre pique-nique !

14h-17h:
– Exploration de situations par « constellations » afin d’explorer des situations vécues et permettant d’articuler le terrestre et le personnel. Nous tâcherons de rendre visibles différent.e.s acteurs – humains ou non humains – forces et enjeux de la situation.
– Faire le point sur nos artefacts, pratiques, techniques, tactiques et ressources … pour continuer de lutter dans l’exigence d’un monde qui peut devenir autre chose qu’un gigantesque brasier.

INFOS ET RÉSERVATIONS :

  • Pay what you can : Le tarif est libre à partir de 5 euros, à verser sur le compte Vaisseau ASBL BE60 0688 9370 4170, avec la communication suivante : École expérimentale – Corps terrestres – artefacts de desembrasement ou en espèces sur place. Chacun donne selon ses moyens. Si la gratuité est nécessaire, c’est possible — nous vous laissons juger de votre situation.

Date

  • 25/05/2025 - école expérimentale #12 - Marais Biestebroek - Bruxelles
  • 24/05/2025 - école expérimentale #12 - Mundo B  - Bruxelles

Crédits

Coordination Camille Louis, Emmanuelle Nizou, Léa Drouet
Avec Giulieta Laki et Amandine Tiberghien

Production

Production Vaisseau asbl

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service général de la Création artistique

Accueil de l’événement Mundo B et Marais Biestebroek

Aide ama brussels

This site is registered on wpml.org as a development site.